Echos du Congrès de l’Union mondiale des Anciens élèves des collèges sj
Le 11ème Congrès mondial des anciens élèves des jésuites (WUJA :World Union of Jesuit Alumni) s’est tenu à Yogyakarta (Indonésie) du 29 juillet au 2 août 2026. Un évènement haut en couleurs qui fera date dans l’histoire du mouvement international des anciens élèves des jésuites, tant il a atteint une ampleur inédite, aussi bien par le nombre de participants que par le professionnalisme de l’organisation, la qualité des orateurs et la variété du programme.
Il a confirmé l’idée maîtresse de WUJA depuis ses débuts il y a 70 ans : les Jesuit Alumni forment une impressionnante communauté universelle, marquée par un réel esprit de famille et d’amitié. Leurs rencontres donnent accès de façon concrète et vivante à une facette humaine et sympathique de la mondialisation. Mais ce n’est pas tout : les anciens élèves qui se reconnaissent dans cette identité et souhaitent s’investir dans cette communauté mondiale sont dépositaires d’une véritable mission, qui a été rappelée et réactualisée pour l’occasion par le Supérieur général des Jésuites.
Durant une petite semaine, l’université jésuite Sanata Dharma de Yogyakarta, sur l’île de Java en Indonésie, s’est transformée en une fourmilière internationale. Les langues, les tenues vestimentaires et les cultures se sont mélangées pour former un cocktail souriant et coloré de près de 700 anciennes et anciens élèves des établissements d’enseignement jésuite du monde entier aux profils les plus variés. Certains se connaissaient de rencontres antérieures, parfois de longue date, d’autres étaient là pour la première fois, mais tous ont été emportés par l’élan de rencontre authentique et de convivialité spontanée qui s’est manifesté, comme à chaque rassemblement de ce type.
Deux participants belges étaient présents : Alain Deneef (Ads 1978), qui a présidé WUJA entre 2013 et 2022, et François Marinx (Ads 2003), ancien élève du Collège Notre-Dame de la Paix (Erpent – Namur).
Au programme du congrès : des conférences, des événements conviviaux et des découvertes de la – très riche – culture locale. Les orateurs ont d’une part abordé le travail réalisé dans les différents pays par les associations d’anciens élèves, avec quantité d’exemples de pratiques originales dans l’animation et la mobilisation des réseaux d’alumni. Ils ont également abordé des sujets d’actualité d’ordre général tels que les multiples questions suscitées par le réchauffement climatique ou les enjeux éthiques liés à l’essor de l’intelligence artificielle (un vaste sujet en plein développement par rapport auquel on ne soulignera jamais assez l’importance et la pertinence de l’encyclique Magnifica Humanitas du pape Léon XIV).
Enfin, plusieurs exposés ont approfondi la question de savoir de quelle manière les associations d’anciens élèves peuvent répondre à l’appel qui leur a été lancé par les Jésuites lors de précédents congrès : celui d’être “partenaires dans la mission”, notamment dans le contexte des préférences apostoliques universelles de la Compagnie de Jésus. Le discours du Supérieur général des jésuites Arturo Sosa a été au cœur de cet enjeu et servira de boussole au travail des différentes structures qui, dans la foulée du congrès, chercheront à répondre à cet appel et à mettre en œuvre les actions envisagées.
Ce travail a d’ores et déjà été amorcé par l’adoption de deux documents finaux en conclusion du congrès : les résolutions du congrès, dix engagements concrets pour l’Union mondiale et ses différentes composantes dans les quatre années à venir, et le “Manifeste de Yogyakarta”, qui rappelle et actualise la raison d’être et les objectifs du mouvement international des anciens des jésuites.
Le congrès a également été l’occasion pour la WUJA de renouveler ses organes : l’assemblée générale a confié un second mandat de président à l’Espagnol Francisco Guarner, qui sera accompagné par un nouveau comité exécutif et un nouveau conseil.
Au terme du congrès, celui-ci est unanimement qualifié de grand succès, dû bien évidemment à l’enthousiasme et à l’ouverture d’esprit des participants qui ont accepté de tenter (ou de réitérer) cette expérience d’aller quelques jours durant à la rencontre de parfaits inconnus, avec qui ils partagent une caractéristique commune : celle d’être passés par un établissement d’enseignement jésuite.
La réussite et la richesse du congrès est aussi le fruit de l’investissement formidable de tout le comité organisateur indonésien, qui a œuvré en coulisses avec un dévouement remarquable depuis des années, pour accueillir de la meilleure manière qu’il soit cette rencontre, organisée à tour de rôle dans les différentes régions du monde. La chaleur et le professionnalisme de leur accueil a permis aux visiteurs de découvrir le plus grand pays musulman du monde et un géant économique en devenir.
La prochaine édition du congrès de WUJA aura lieu en Inde en 2030. L’Indonésie a placé la barre haut, mais nul doute que l’Inde, véritable géant sur la planète jésuite (le pays compte 120 associations d’anciens et un quart des jésuites dans le monde) aura à cœur de mettre à son tour les petits plats dans les grands pour organiser une nouvelle rencontre d’exception. Au niveau belge, fixons-nous d’ores et déjà l’objectif (réaliste) de former une délégation plus nombreuse lors de ce futur grand moment !
François Marinx
Président de la Fédération des anciens élèves des jésuites en Belgique francophone



